La couture en maroquinerie : quand tradition et durabilité ne sont reliées que par un fil…

La couture est ce qui fait tenir une pièce dans le temps : c'est elle qui garantit sa solidité. Voici les outils que j'utilise pour coudre, et la technique qui fait la fierté des maroquiniers français : le point sellier.

 

Les outils indispensables à la couture

 
Ensemble de griffes de maroquinerie rangées dans un support en bois

Les griffes

Avant même de coudre, il faut préparer. Les griffes marquent le cuir d'un alignement de petites empreintes régulières : c'est cette régularité qui donnera à la couture sa ligne parfaite.

 
Trois alènes de maroquinier sont posées sur un support en bois

L’alêne

Outil à la pointe fine et acérée, l'alêne perce le cuir au niveau des marques laissées par les griffes. Sa pointe en losange crée une ouverture adaptée au passage du fil, sans abîmer les fibres du cuir.

 
Deux aiguilles à coudre en métal posées sur un bouchon en liège

Les aiguilles

Contrairement aux aiguilles classiques, celles de la maroquinerie n'ont pas de pointe tranchante : c'est l'alêne qui perce. Elles guident simplement le fil, sans risque d'endommager le cuir. Pour le point sellier, on en utilise deux en même temps.

 
Divers bobines de fils en lin de différentes couleurs sont posées sur une caisse en bois patiné

Le fil

J'utilise du fil de lin, que je cire à la cire d'abeille avant la couture. Il doit être résistant et légèrement rigide pour bien se tenir.

 
Un porte-feuille en cuir tanné végétal patiné en accroché dans un valet de couture en bois

La pince à coudre

Impossible de tenir le cuir d'une main et de coudre de l'autre. La pince à coudre, ou valet de couture, maintient fermement la pièce en place, et libère mes deux mains pour travailler avec les deux aiguilles.

 

Le point sellier, l'emblème de la maroquinerie française

Le point sellier est né dans les ateliers de sellerie, à une époque où la solidité d'une couture était une question de sécurité : une sangle qui lâchait pouvait faire chuter un cavalier. Il est devenu depuis l'emblème de la maroquinerie artisanale française.

Il se réalise entièrement à la main, avec deux aiguilles et un seul fil. Chaque aiguille passe alternativement dans le même trou, en sens opposé. Le point se verrouille ainsi sur lui-même et devient quasiment impossible à défaire.

Gros plan sur un porte carte en cuir tanné végétal teint à l'indigo naturel

Ses avantages :

  • La solidité : bien souvent, c'est le cuir qui cédera avant la couture.

  • L'esthétique : un point régulier, fin, reconnaissable au premier regard.

  • La durabilité : contrairement à la couture machine, qui file entièrement si le fil est sectionné, le point sellier reste en place même lorsqu'un point est abîmé.


La machine va plus vite, c'est certain. Mais rien n'égale la résistance et la beauté d'une couture faite main, point après point.

 
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